Suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter
CONTRIBUTIONS
 
 
Le dialogue politique doit être l’affaire du peuple !
Publié le : Mercredi 15 Mai 2019 - 14:48 - Source : Dakarmatin - Commentaires : 1 - Consulté : 262 Imprimer

Il ne faut pas commettre l’erreur de croire que les mécanismes de dévolution du pouvoir, les grands enjeux socio-économiques, de même que la définition des politiques publiques, ne concernent que la seule classe politique 

Il est difficile de ne pas voir dans l’appel pressant du président Sall au dialogue politique, au lendemain de la dernière présidentielle, avant même la proclamation officielle des résultats définitifs, un malaise profond symptomatique d’une crise politique en gestation.

Un septennat despotique

La compétition impitoyable, qui a caractérisé les relations entre acteurs politiques, lors du premier septennat et qui s’est conclue par un hold-up électoral rondement ficelé, est à mettre sur le compte du leadership autoritaire, dont le premier magistrat de la Nation a jusque-là fait montre.

C’est dire, qu’au-delà de victoires électorales souvent artificielles et préfabriquées,  notre pays traîne un déficit incommensurable de dialogue et a toujours été géré de manière cavalière par les différentes équipes, qui se sont succédé au pouvoir, depuis notre indépendance formelle en 1960.

La fameuse recette senghorienne d’absorption – fusion de partis adverses, ayant abouti au Parti-État unifié, continue de prospérer. Sous des apparences trompeuses de pluralisme et de diversité, on promeut l’unanimisme par le biais de la transhumance, un vocable désignant un mécanisme pervers de recyclage de politiciens sanctionnés par le suffrage populaire.

De fait, la vie politique de notre pays a toujours été dominée, depuis plus de 60 ans, par les mêmes acteurs politiques issus des mêmes grandes familles traditionnelles. Le mode de gouvernance, est resté, lui aussi, le même (mis à part la courte parenthèse “diaiste”), caractérisé par un hyper-présidentialisme suranné, qui aurait pu être dépassé grâce aux conclusions des Assises Nationales, dont Benno Bokk Yakaar n’a finalement pas voulu.

La nécessité du dialogue est renforcée par le contexte politique. Ce dernier est marqué par la découverte, ces dernières années, de gisements pétroliers et gaziers dans notre pays, qui a fait apparaître de nouveaux défis liés à la convoitise de certains majors pétroliers sur nos nouvelles ressources.

Le quinquennat de la dernière chance

Les cinq prochaines années verront le début de l’exploitation de nos nouvelles ressources minérales, sur lesquelles notre peuple fonde beaucoup d’espoirs, tout en étant conscient des dangers liés à la malédiction du pétrole.

C’est dire, que ce deuxième mandat, quoique usurpé et illégitime, devrait donner lieu, sous peine de convulsions politiques incontrôlées, à un apaisement sur la base d’un consensus national accepté par les différents segments de notre société.

Quoiqu’on puisse dire, les partis politiques, dont la fonction essentielle est la conquête du pouvoir, occupent une place centrale dans le dialogue politique à édifier. Il ne faut cependant pas commettre l’erreur de croire que les mécanismes de dévolution du pouvoir, les grands enjeux socio-économiques, de même que la définition des politiques publiques, ne concernent que la seule classe politique.

La société civile doit avoir son mot à dire, elle qui d’ailleurs, facilite souvent la mise en place des mécanismes de dialogue. Mais il faudra aller au-delà de l’élite, qui s’apparente souvent à une nomenklatura constituée d’experts de l’humanitaire, des droits humains, de l’intermédiation sociale, de la médiation politique et du processus électoral...

Il faudra, en effet, s’ouvrir aux différentes composantes de la Nation (religieux, patronat, travailleurs urbains et ruraux, ainsi que d’autres mouvements populaires), abstraction faite de leurs positions parfois ambiguës ou leur soutien tacite du pouvoir apériste.

Le fait de tenir le dialogue politique en dehors du Parlement est révélateur - au-delà de de la crise universelle de la démocratie représentative - du déficit de représentativité et de légitimité de cette Institution, souvent à la remorque de l’Exécutif. Ces insuffisances se trouvent accentuées dans notre pays, par un mode de scrutin inéquitable, à dominante majoritaire, favorable aux grands partis et particulièrement au parti au pouvoir, qui jusque-là tend malheureusement à se confondre avec l’État central.

Le dialogue est un combat

La suppression unilatérale par le président de la république du poste de Premier ministre, à la veille du dialogue politique, qui renforce son pouvoir déjà colossal et réduit drastiquement les possibilités de contrôle de l’Exécutif, est révélateur de son état d’esprit.

Il ne s’agit, pour lui, que de jeter de la poudre aux yeux de l’opinion nationale et internationale sur sa prétendue volonté d’apaisement du jeu politique. En réalité, il cherche à poursuivre sa gestion clanique de l’État et à faire endosser les recettes libérales des officines financières internationales par une coalition encore plus large de forces de régression sociale.

Le ton est donné avec ces théories populistes anti-pauvres et anti-travailleurs, qui se soucient fort peu du bien-être des travailleurs auxquels on dénie une revalorisation salariale et s’acharnent sur les couches socialement vulnérables, déguerpies sans ménagement, sous couvert d’ordre et de propreté.

Quant aux partis d’opposition, si prompts à mettre sur pied des coalitions éphémères, ils doivent faire bloc sur cette question de dialogue national, qui ne peut être une simple affaire d’états-majors.

Comme le montrent les récents exemples algérien et soudanais, il s’agit d’un combat de longue haleine, dans lequel, le peuple souverain est appelé à prendre toute sa place. Cela devra se faire, par une approche décentralisée, autour d’une plateforme minimale commune aux partis, coalitions et acteurs de la société civile, pour remettre la gouvernance politique de notre pays sur les rails.


PAR NIOXOR TINE

Whatsapp Mysapce Tumblr StumbleUpon Reddit Flipboard  
 
 
COMMENTAIRES (1)
Ajouter un commentaire
Les commentaires à caractère publicitaire ne sont pas autorisés !
Euh.. - 15/05/2019 - 19h 19  
Le hic est qu'il n'y a pas encore de peuple au Sénégal et, si l'on me dit que nous sommes bien un peuple alors, nous ne sommes pas encore ou, pas assez mature pour nous approprier ces questions.
Saisissez votre commentaire
Votre nom
 
Votre commentaire
 
   
 
DANS CETTE RUBRIQUE
Tous coupables !
Enfumage !
La peine et la mort
Attaques contre Thierno Alassane Sall: Réponse à Abdou Latif Coulibaly
Mimi et sa coquille
Non monsieur le président les responsables politiques de l'Apr en France ne vous ont pas trahis !!!!!!!!!!
Indécentes attaques contre Aminata Touré
Le Sénégal de 2000 à 2019: entre banditisme financier et amateurisme budgétaire
Les prémices visibles d’une tromperie et les échos audibles d’un appel spécieux.
Boun Dionne, prime à la casse
 
 
LES PLUS POPULAIRES
« Lequartd’heure » reçoit le journaliste Baba Aidara qui fait de graves révélations sur la mafia du pétrole au Sénégal
Consulté : 110944 fois
Voici la chronique du 31 Août 2016 de Pape Alé Niang
Consulté : 85659 fois
Voici la chronique du 14 septembre 2016
Consulté : 61947 fois
Voici la chronique du 08 mars 2017
Consulté : 52836 fois
Voici la chronique du 21 septembre 2016
Consulté : 52089 fois
 
   
REVUE FRANÇAIS
Ecoutez la revue de presse en français de Pape Alé Niang du 24 décembre 2018
REVUE WOLOF
Ecoutez la revue de presse en wolof de Pape Alé Niang du 24 décembre 2018
CHRONIQUE PAPE
Et pourtant dans sa chronique du 27 juin 2018, Pape Alé Niang avait tiré la sonn ...
AUTRES AUDIOS ...
Autour du Micro reçoit Khaoussou Dramé commerçants, sénégalais en Fran ...
 
SCANDALES D'ETAT
   
A quel magistrat Maguette Diop se fier ?
23/05/2019 - 12:55
Comment l’Etat a perdu 1234 milliards de recettes fiscales en 2017
22/05/2019 - 21:34
   
... Voir plus
 
YAKO WAKHONE!
   
Vidéo Macky Sall a trouvé la définition du mot émergence à Aissata Tall Sal ...
31/01/2019 - 21:33
Quand Aïssata Tall Sall dénonçait la transhumance
29/01/2019 - 09:49
   
... Voir plus
CARTE BLANCHE
A quoi servent nos engins acquis à coup de milliards ?
L'OEIL DU CITOYEN
Violence à outrance !
WAX DEUG
Mutation du griotisme au Sénégal : La presse en otage !
AUTRES ...
Et pourtant dans sa chronique du 27 juin 2018, Pape Alé Niang avait tiré la so ...
 
 
CONTRIBUTIONS
   
Tous coupables !
23/05/2019 - 14:41
Enfumage !
22/05/2019 - 08:38
   
... Voir plus
 
 
 
REPORTAGES
LII du 27 janvier 2019 avec Pape Alé Niang: la baisse du prix du loyer entre le ...
EMISSIONS PAPE
Décryptage du 23 janvier 2019 avec Pape Alé Niang
AUTOUR DU MICRO
Autour du Micro reçoit Khaoussou Dramé commerçants, sénégalais en France se ...
AUTRES VIDEOS
Ça Me Dit Mag du 15 décembre 2018 avec Pape Alé Niang : invité Malick Gackou ...
 
 
Xibaar
Walf
Seneweb
Press Afrik
Leral.net
Rewmi.com
 
 
 
 
ACCUEIL ACTUALITES POLITIQUE SPORT INTERNATIONAL RELIGION TECHNOLOGIES VIDEOS AUDIOS PEOPLE RADIOS & TVS
 
Contactez nous au 33 825 25 17 ou par mail à dakarmatin@gmail.com
 
Proposer une contribution | Contacts | Qui somme nous? | Reserver un espace publicitaire | © Copyright Dakarmatin 2017