Suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter
POLITIQUE
 
 
BBY dans l'affolement
Publié le : Vendredi 12 Octobre 2018 - 08:45 - Source : Dakarmatin - Commentaires : 8 - Consulté : 5235 Imprimer
Ce que les Sénégalais attendent, c’est la critique des solutions imparfaites déclinées dans l’ouvrage de Sonko, en lieu et place des gouailles et des invectives distillées par le camp présidentiel 

Aliou Sow : « C’est très facile d’invoquer la droiture alors qu’on n’a jamais été mis à l’épreuve... Ce pays ne sera pas laissé à des aventuriers ! »

Mamadou Ndione, directeur général de la Cosec : « Ousmane Sonko cherche uniquement à faire le buzz ».

Amadou Diouf, conseiller à la Primature : « Sonko, un Ibadou à la conquête du palais ».

Moustapha Diakhaté, chef de cabinet de Macky Sall : « Sonko propose le suicide national… En fait, le national lepénisme tropical de Monsieur Sonko ne fera qu’affaiblir durablement le Sénégal ».

Députée Adji Mergane Kanouté : « Sonko a plagié le PSE ».

Pape Mahawa Diouf, Mahawa Diouf, secrétaire général de LAS (Limak-Aibd-Summa) : « Ses interrogations trouvent leurs solutions dans le PSE ».

Ahmed Khalifa Niass : « Nous ne voulons pas d’un candidat de Daesh ».

El Hadji Ibrahima Sall : « Sonko doit cesser d’être populiste ».

Le Premier ministre Boun Abdallah Dionne : « Sonko, un enfant qui est sur le Facebook et qui manque d’éducation ».

Tanor : « Il ne faut pas laisser le pays entre les mains d’un jeune aventurier ».

Cissé Lo : « Sonko est un voleur doublé de menteur ».

Tels sont les quelques propos irraisonnés choisis pêle-mêle dans le florilège des réactions de la mouvance présidentielle enregistrées depuis la parution de "Sonko-Solutions". C’est l’écho du hurlement de la meute des aboyeurs de Bennoo, décidés à s’attaquer voire anéantir l’homme qui empêche le lion de dormir. On constate que ces critiques ad hominem ne portent ni sur l'action ni sur les idées.

Il est à croire que le livre-vision d’Ousmane Sonko a semé la panique au sein de la mouvance présidentielle de même que dans l’opposition. Dès lors, on assiste à un lynchage médiatique très en vogue par les temps qui courent du côté de Bennoo Bokk Yaakaar, à une palanquée de déchaînements destructeurs exécutés par des bulldozers politiques et médiatiques téléguidés depuis les officines de la présidence de la République.  

Aventurier, buzzman, Ibadou, lepéniste, plagiaire, terroriste, enfant mal éduqué, les qualificatifs qui trahissent un affolement patent des gens du pouvoir ne manquent pas pour diaboliser Ousmane Sonko. Ainsi la politique apériste devient une affaire subjective et de mépris haineux.

Depuis que le leader de Pastef a subi l’épreuve de la confrontation publique avec des journalistes, des spécialistes des questions économiques et ses militants à la place de la Nation pour expliquer sa vision du Sénégal, des tirs groupés, lâches venant des gens du pouvoir et même de l’opposition ne cessent de pleuvoir sur l’ex-inspecteur des Impôts et Domaines. Ces réactions désinvoltes inspirées par la peur et la haine montrent expressément que les contempteurs de Sonko n’ont pas compulsé une seule page de son livre-vision.

Des réactions dénuées de tout fondement et qui mettent à nu la frilosité et la stérilité intellectuelle des gens du pouvoir à engager de véritables débats féconds sur les solutions que propose Sonko.

Ce que les Sénégalais attendent toujours, c’est un vrai décorticage critique des solutions imparfaites déclinées dans l’ouvrage-vision de Sonko en lieu et place des gouailles, des invectives et des insanités distillées par les zélotes de la camarilla présidentielle.

Une telle mauvaise foi, un tel engagement aveugle des fédayins mackystes s’avèrent indispensables pour apaiser l’angoisse présidentielle au moment où l’on subodore du côté des officines sondagières de Bennoo Bokk Yaakaar, une très probable déconvenue électorale.

Les sondages commandités régulièrement par la Présidence qui placent Sonko devant le président de la République ne manquent pas de susciter une inquiétude en haut lieu. C’est ce qui explique ce délire schizophrénique qui a gagné Macky et les siens. L’ascension politique du chef des Patriotes doit être tuée dans l’œuf. C’est pourquoi toute une machine de destruction politico-médiatique est mise en place par les spin doctors de sa Majesté pour endiguer le phénomène Sonko.

Avec l’appui d’une caste d’éditocrates indécrottables, de pseudo-marabouts aux mœurs dissolues (et nous reviendrons sur ces marabouts), il faut entacher et affaiblir l’image du leader des Patriotes dans l’opinion publique d’où ce tintamarre médiatique récent sur les accointances salafistes de Sonko.

Malheureusement pour eux, l’image d’homme rigide, rigoriste, impulsif, tranchant, direct et sans concession qu’ils colportent du leader de Pastef est celle qu’approuvent les Sénégalais.

Aujourd’hui, ces Sénégalais préfèrent être dirigés par un athée, un agnostique ou un animiste qui puisse, sur la base d’une gouvernance vertueuse et transparente, satisfaire leurs besoins vitaux plutôt que d’avoir à leur tête un soi-disant tidiane, mouride, layène ou khadre prototype absolu de la corruption, de la mal-gouvernance, du népotisme ou du détournement de deniers publics.

Le Sénégal, terre où se meurent toutes les contradictions confessionnelles, ethniques et religieux, n’est pas en butte pas à des problèmes identitaires ou discriminants mais à un problème de système corrupteur et corrompu solidement établi depuis les indépendances et qui sert de vache à lait à tous ces politiciens formatés aux idéologies occidentales détonnant avec nos réalités socioculturelles. C'est pourquoi, le débat identitaire empoisonné que s'échinent à distiller contre Sonko certains bien-pensants du pouvoir suppliciés par leur tube digestif est en train de faire l'effet boomerang.

Si Moustapha Diakhaté, brut de décoffrage, qualifie Sonko de lépeniste, c’est ignorer même la doctrine frontiste qui puise ses racines dans le nationalisme xénophobe, l’anti-immigration, l’anti-islam. Dans Sonko-Solutions, il n’est ni question de xénophobie encore moins d’hostilité à une quelconque confession religieuse.

Toutefois, il ne faut pas verser dans la surenchère du nihilisme qui consiste à jeter aux orties toute la politique du Front national rebaptisé Rassemblement national. La préférence d’une monnaie nationale face au diktat de Bruxelles, l’aversion du libre-échangisme et d’un mondialisme exacerbé et déséquilibré, le retour à la peine de mort, protectionnisme intelligent, le patriotisme économique en privilégiant les entreprises établies en France lors des appels d'offres publics, sont autant de propositions positives consignées dans le programme du RN.

Si avoir une préférence nationale comme le manifeste Sonko, c’est être lepéniste, tous les Sénégalais, excepté ceux qui ont aliéné notre souveraineté et bradé nos ressources nationales aux Français, Chinois, Turcs et Marocains, sont lepénistes. Etre partisan de la préférence nationale ne signifie pas se réfugier dans une autarcie qui enferme notre pays dans un isolationnisme mortifère.

C’est promouvoir ses entreprises nationales porteuses de croissance distributive et créatrice d’emplois.

D'ailleurs l'article 28 du Code des obligations de l'administration
intitulé "Préférence nationale" stipule : « Par dérogation au principe d’égalité de traitement, une préférence peut être attribuée lors de la passation d’un marché aux offres portant sur des fournitures, services ou travaux d’origine ou de fabrication sénégalaise présentés par une entreprise nationale dans les conditions et limites déterminées par le code des marchés publics... » 

C’est donc dire que la préférence nationale n’est pas une forme de repli sur soi mais une option politique qui place l’intérêt de nos entreprises nationales au-delà des puissantes multinationales.  

Concernant le CFA, si Sonko remet en cause la servitude séculaire à ce franc colonial et prône une souveraineté monétaire nationale, il ne fait que matérialiser un vieux vœu partagé par plusieurs Sénégalais, las d’être les esclaves d’institutions bancaires et financières infantilisantes et asservissantes, qui profitent plus à la métropole qu’à notre pays.

D’ailleurs où est l’intérêt voire la pertinence de continuer à vouloir d’une monnaie dont les pays utilisateurs sont toujours parmi les derniers des pays africains ? Selon l'économiste Moussa Dembélé, « parmi les quatorze pays africains de la zone franc, onze figurent dans la catégorie des pays les moins avancés (PMA), et près de 90 % de leur population vivent avec moins de deux dollars par jour ». Alors quel est l'intérêt de continuer à utiliser une monnaie qui hypothèque notre souveraineté nationale et nous enserre dans les rets du sous-développement ?

En l’absence d’une remise en cause critique de ses ouvrages, les problématiques que soulève Sonko doivent être noyées dans la trivialité, l’aigrissement, le populisme. Tenter de diaboliser le Patriote en chef et de le faire passer pour un agent salafiste dont l’objectif inavoué est de s’attaquer aux confréries établies est plus facile que de critiquer, en bien ou en mal, le fond de sa pensée politique ou de s'interroger sur les grands thèmes qu’il soulève.

Horresco referens, Ahmet Khalifa Niass parle d’un candidat de Daesh. Dans l’entre-deux tours de la présidentielle de 2012, le Méphistophélès du Fap, invité du journaliste Sékou Diémé de Canal Infos, avait affirmé que le candidat de Bennoo était parrainé par des lobbys maçonnico-homosexuels. Pourtant il a été l’un des premiers politiciens à s’agenouiller devant Sa Majesté Macky Sall élu président pour battre sa coulpe et faire acte d’allégeance. Sonko, président, il n’hésiterait pas toute honte bue à être son gentilhomme caudataire.

Aujourd’hui les bien-pensants du Prince ont montré leurs limites et leur impéritie à engager tout débat intellectuel contradictoire. Exceller dans le mensonge, la mauvaise foi et la création de peurs ne saurait être un argumentaire convaincant pour sortir Sonko du cœur de ses militants, sympathisants, groupies et de ceux qui partagent ses valeurs et options de gouvernance.

Il faut débattre intellectuellement et sainement, c’est une exigence démocratique. C’est pourquoi, il est impératif pour le pouvoir et certains opposants de recentrer leur politique sur la confrontation des idées, des programmes de développement en faveur du bien collectif et non sur des considérations subjectives. Toute autre initiative ne serait que vanité.
Whatsapp Mysapce Tumblr StumbleUpon Reddit Flipboard  
 
 
COMMENTAIRES (8)
Ajouter un commentaire
Les commentaires à caractère publicitaire ne sont pas autorisés !
Joe - 12/10/2018 - 11h 00  
COMME DISAIT L'AUTRE SONKO EST L'ENCENS ANTI DEUM QUI A MIS LA REPUBLIQUE EN TRANSES.......TOUS CEUX QUI ONT DES CHOSES A SE REPROCHER ONT LES FESSES EN FLAMME.ON VA TOUS VOUS EXTERMINER IMBECILES.
Bounkhatab - 12/10/2018 - 11h 04  
Monsieur analyste, vous savez que ce sont les memes senegalais qui sont dans Beno bok yaakar et Pastef,Ils ont frequentes les memes ecoles et ont eu les memes maitres en politique politicienne,Vous l avez meme dit en ce qui concerne Ahmed khalifa niasse qu il sera le premier a aller se prosterner devant sonko s il gagnait les elections,,Ce qui est derisoire dans vos analyses depuis des decenies , c est que vous faites la promotion des opposants et des que ceux ci accedent au pouvoir , ils deviennent les cibles a abattre ,Parceque inevitablement, etant senegalais , ils appliquent la meme facon de diriger depuis les independances,C est a dire, enrichir les parents et allies, enrichir les familles religieuses , laisser les banlieusards dans la puvrete et ne rien faire pour sortir les paysans de leur situation archaique,Les enseignants , les personnels de sante, les etudiants contiuneront a avoir les memes problemes,Ce que je decris ici , vous savez que ni sonko , ni aucun autre politicien ne pourra changer les choses parceque l on s adresse a des senegalais qui ont une facheuse habitude de s opposer a toute decision , a se plaindre de tout sans faire aucun effort pour s en sortir,C est pour vous dire que meme mamadou dia a echoue en voulant diriger ce peuple partisan du moindre effort,
Bouba - 12/10/2018 - 12h 42  
A 4 MOIS DES ELECTIONS, TOUS LES POLITICIENS SONT AFFOLES,AUSSI BIEN BENOO QUE TOUS LEURS ADVERSAIRES QUI VEULENT PRENDRE LEUR PLACE,DE IDY? EN PASSANT PAR ABDOULAYE WADE ? LES KHALAFISTES? SONKO? GAKOU?ABDOUL MBAYE,ILS ONT TOUS PERDUS LES PEDALES ,
Gorguidiop - 12/10/2018 - 12h 46  
En résumé bounkhatab propose de ne rien faire, le fatalisme complet, car le Sénègalais serait ainsi fait. Bravo boun.
Elhadj - 12/10/2018 - 13h 33  
ah oui
Papy - 12/10/2018 - 14h 09  
Boun je t'ai suivi depuis les elections de 2012 dans le forum de seneweb après les chroniques de SJD. It was very interesting and Wade was finally defeated.Fast forward to 2019 presidential election. Apres lecture de votre intervention je vois la desolation ds ton post. Ai espoir comme le disait Obama soyons audacieux et changeons toujours jusqu'a trouver le Bon President. Ne lâchons jamais. Voyons ce qui se passera avec Sonko President. En tout état de cause les hommes passent et le Senegal reste.Votons Sonko et s'il nous déçoit demain fera jour.Thanks
Ibrahima - 12/10/2018 - 14h 37  
Merci cher compatriote pour votre brillante contribution. Effectivement notre attente en tant que électeurs est le débat didées et de visions et non le "tésseunté". Nous avons compris que le manque darguments pour certains se traduit par des violences verbales ou des attaques personnelles qui n'ont rien avoir à léclairage des lanternes du Senegal.Merci Mr Sonko pour avoir ramener le débat politique à un niveau supérieur et ainsi donc répondu à une demande sociale qui dure depuis des décennies.
Amar19 - 12/10/2018 - 15h 23  
Je ne comprends pas sincèrement le soulèvement de ces journalistes mercenaires qui après avoir pris fait et cause pour Khalifa Sall se mettent à chanter les louanges d’un candidat à la candidature. Vous dites oui lorsque Sonko critique le gouvernement et vous n’acceptez guère que le camp d’en face en fasse autant. Bravo à ce dernier d’avoir pris le temps d’ecrire. Maintenant sa stratégie consiste à faire l’actualité son son livre; ce qui est juste. Mais il faut donc laisser aux la liberté de dérouler aussi la leur. C’est ça le débat politique. Le peuple n’est pas dupe et certain journalistes-mercenaires s’activent inutilement. La preuve ils évitent sciemment de parler de Mbaye Abdou ou Diop Pape qui ont fait de brillantes prestations programmatiques. D’ailleurs c’est là où nous attendons Sonko. De grâce laisser les autres de dire leur opinion.
Saisissez votre commentaire
Votre nom
 
Votre commentaire
 
   
 
DANS CETTE RUBRIQUE
Guinnée Conakry : le leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo échappe à une tentative d’assassinat
Me Madické Niang rejette toute alliance avec Macky Sall et fait des révélations
Cas Karim : Macky convoque l’ambassadeur du Qatar
Entrepreneuriat rapide : la DER, le compte K2 de Macky?
L'UIP donne raison à Khalifa
Quand la «tendresse» du chef de l’Etat refroidit les ardeurs de L’OFNAC !
Macky Sall «ferme» les yeux sur l'obligation de déclaration de patrimoine des autorités assujetties à l’Ofnac
Mohamed Lamine Ly, sonne la rébellion au PIT: «La voie empruntée par le président Macky Sall n’est pas la nôtre, ni historiquement, ni sociologiquement»
Moustapha Guirassy : «tout est en train d’être fait ici sauf l’essentiel»
Abdoul Mbaye vilipende Macky à Paris
 
 
LES PLUS POPULAIRES
Voici la chronique du 31 Août 2016 de Pape Alé Niang
Consulté : 79075 fois
« Lequartd’heure » reçoit le journaliste Baba Aidara qui fait de graves révélations sur la mafia du pétrole au Sénégal
Consulté : 77185 fois
Voici la chronique du 14 septembre 2016
Consulté : 56013 fois
Voici la chronique du 08 mars 2017
Consulté : 47590 fois
Voici la chronique du 21 septembre 2016
Consulté : 46956 fois
 
   
 
 
 
ACCUEIL ACTUALITES POLITIQUE SPORT INTERNATIONAL RELIGION TECHNOLOGIES VIDEOS AUDIOS PEOPLE RADIOS & TVS
 
Contactez nous au 33 825 25 17 ou par mail à dakarmatin@gmail.com
 
Proposer une contribution | Contacts | Qui somme nous? | Reserver un espace publicitaire | © Copyright Dakarmatin 2017