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Assises, les regards divergents (Chronique Mame Less Camara)
Publié le : Mercredi 13 Juin 2018 - 06:48 - Source : Dakarmatin - Commentaires : 3 - Consulté : 1784 Imprimer

Dix ans, et pas une ride pour les Assises nationales toujours actuelles dans leur quête de  démocratie participative et de gouvernance transparente. Tous les départements du Sénégal parcourus, des consultations citoyennes organisées pour recueillir l’avis des populations sur toutes les questions auxquelles  les leaders doivent apporter des réponses pour  sortir le pays de la pauvreté.

Une méthodologie inédite  dont devraient s’inspirer bien des parlements, surtout en début de mandat. Mais aussi des aspects moins souriants, comme des plis d’amertume sur ce visage lisse. Les importantes résolutions issues de ces travaux n’ont manifestement pas intéressé outre mesure le président Macky Sall, alors qu’il leur doit  largement pour son élection en 2012. Surtout après qu’il avait signé la Charte de gouvernance démocratique. Et obtenu la bénédiction des Assises pour le second tour de scrutin.

Les Assises nationales ont célébré cet anniversaire ce weekend et certains orateurs n’ont pas hésité à parler d’échec en ce qui concerne la mise en œuvre des trouvailles fécondes pour sortir d’un fixisme institutionnel installé par le modèle colonial. Il bouche encore l’horizon de tous les pays qui l’ont enduré, y compris ceux qui ont subi la médication énergique des Conférences nationales.  La déception n’en a été que plus grande, marquée par l’éloignement progressif des normes édictées par la Charte de gouvernance démocratique. Le summum a été atteint lorsque le président de la République affirme que, dans son entendement, les recommandations des Assises ne sont «ni le Coran ni la Bible, ni la Thora». Propos anodins mais qui prennent une résonnance particulière dans la bouche du chef de l’Etat.

Une fois élu, Macky Sall se trouve partagé entre les recommandations des Assises et ses prérogatives de président de la République dont il découvre l’étendue et l’efficacité. Et son choix est manifeste, même s’il tente d’adoucir la séparation en confiant à Ahmadou Makhtar Mbow, le président des Assises, la mission de diriger la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri). Les propositions qui lui sont faites  consacrent le divorce entre des deux hommes. Elles sont encore dans le sillage des Assises et dépassent le cadre de la loi existante que les auteurs du rapport ont subvertie. Le président voulait des réformes. On lui propose la révolution. Le malentendu tourne alors à l’incompréhension, voire à une sorte de suspicion mutuelle.

Les «assisards» comme le camp présidentiel sont convaincus de leur bon droit et de leur légitimité quant à la paternité des Assises. Il se pose donc une question d’interprétation des textes et de la liberté de leur mise en œuvre. Les initiatives du pouvoir (contenu du référendum du 20 mars 2016 et la loi sur le parrainage des candidatures électorales, notamment) marquent une rupture que, de part et d’autre, on ne veut pas prendre comme telle. A savoir que le  camp présidentiel  fait un usage libre et à la carte de données sans coercition aucune. De projet de société, les Assises passent au statut de simples bases de données consultables, modulables et utilisables, selon les besoins des parties prenantes. En l’occurrence le président de la République.

Le Parti démocratique sénégalais a brillé par son absence lors de  cet anniversaire. On le comprend car il était au pouvoir et s’était tour à tour montré critique ou dédaigneux à l’endroit de cette initiative qui, il est vrai, était à bien des égards une critique radicale de la gouvernance Wade dont l’actuel président avait été le Premier ministre. A l’inverse, d’éminents militants de l’organisation citoyenne, alors opposants, sont au pouvoir. Ils n’acceptent plus la position des Assises qu’ils suspectent de se prendre pour une Assemblée constituante.

Mame Less Camara

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COMMENTAIRES (3)
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Damel fall - 13/06/2018 - 08h 02  
Le Mal des Assises Nationales a été d’accueillir les caciques socialistes tel que Niasse et Tanor parmi ses leaders.Ces gens ont fait parti des problèmes que les assises pretendaient régler.La,il nous donne la preuve que eux même n'y croyaient pas.Il sont au coeur des pouvoir,et ils n'ont rien fait pour appliquer les conclusions des assises.C'est suspect quand des réactionnaires qui ont contribue a asseoir les systèmes de prédation et de confiscation des libertés se mue subitement en défenseurs des changements institutionnelles qui libéreraient le peuple.Il ne faillait pas les accepter au départ...Les Assises en ont perdu de leur crédibilités.
X. - 13/06/2018 - 09h 20  
d'abord ces assises on doit arrêter de l'appeler les assises nationales, il n'y avait rien de nationale. c'était tout simplement une tribune d'un groupe de mécontents de haineux qui avaient fait l'erreur politique de boycotter les élections législatives de se retrouver pour combattre le régime de wade. où est le bailleur lamine diack avec ses aveux dans le bureau du juge français. en plus j'ai parcouru pour la plus part les rapports de plusieurs régions et départements mais ce ne sont que des généralités qui ont été développés de dans des choses que tout le monde connais avec pour la plus part un niveau d'écriture trés bas. Et je vous dis qu'aucun gouvernement ne mettra en oeuvre ces assises y compris meme les makhtar Mbow et autres. Soyons sérieux y a rien de concret dans ses assises qui puisse etre mis en oeuvre. Le régime parlementaire qu'elles prônent est impossible dans ce pays fait d'égocentrisme démesuré de nos hommes politiques et l'exemple de zenghor et mamadou dia est là. les assises ont atteint leur objectif depuis le départ de wade, dès lors il faut l'enterrer et remettre les feuilles aux vendeurs de thiaff et cessez de nous tympaniser avec ça
Mor - 23/06/2018 - 00h 08  
Il y a des recommendations fortes issues de çes assises qui si elles étaient appliquées rendront notre démocratie moins virtuelle .parce çe qu'on vit dans çe pays ,c'est une parodie de démocratie ,le president il est en même temps le chef de son parti ,il nomme à tous les postes ,donc ses partisans quelque soit leur niveau de compétence seront les premiers servî,jeter un regard sur toutes les personnes qui parodent à la tête de nos sociétés nationales ,il ,â une main-mise sur l'assemblée nationale et sur la justice ,tous les gens peu scrupuleux ,adeptes d'un enrichissement rapide vont tout naturellement se ranger de son côté pour pouvoir bénéficier de la parapluie de l'impunité ,les autres qui sont de l'autre côté ,le sont à leur risques et péril
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