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ECONOMIE
 
 
Adhésion du Maroc à la CEDEAO: Un danger économique.....
Publié le : Dimanche 19 Novembre 2017 - 18:04 - Source : enquete - Commentaires : 9 - Consulté : 2185 Imprimer

Déverser ses produits dans les pays africains, tout en bloquant la circulation des personnes, dynamiter les secteurs de production et importer les conflits des pays arabes dans la Cedeao. Voilà, en résumé, les conséquences de l’intégration du Royaume chérifien dans l’espace communautaire. L’analyse est du Comité de suivi sur l’adhésion du Maroc qui présentait, hier, une étude faite sur la question.
L’intégration du Maroc dans l’espace Cedeao continue de mobiliser le secteur privé, des intellectuels et la société civile. Hier, le Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration (Cisi) a présenté  le rapport final portant étude sur l’adhésion du royaume à l’espace communautaire. En un mot comme en mille, la conclusion reste et recoupe parfaitement l’affirmation de Moustapha Kassé, économiste et doyen honoraire de la Faseg : ‘’Nous ne gagnons absolument rien dans l’entrée du Maroc  dans la Cedeao.’’ Pourtant, tout porte à croire que le roi Mouhamed VI et ses sujets auront bel et bien leur ticket d’entrée. Diallo Kane, le président du Cisi, ne se fait plus aucun doute. ‘’Toutes les informations disponibles incitent à penser qu’il y aura accord définitif, le 16 décembre à Lomé (date de la Conférence des chefs d’Etat de la Cedeao)’’.  

Le colonel Guidado Sow, présentateur de la première partie du document, se veut plus catégorique. Pour lui, le doute est déjà levé sur l’acceptation des chefs d’Etat. La seule inconnue reste la date de l’entrée en vigueur de l’intégration. En fait, selon ces deux personnalités, lors d’une mission de la Commission de la Cedeao au Maroc, la promesse de la validation définitive a été faite à la fois au gouvernement marocain et au secteur privé du même pays.

Et c’est justement l’un des points de la question que les différents intervenants ont du mal à comprendre. Comment se fait-il que la commission puisse rencontrer à la fois les autorités et le patronat du royaume, sans faire autant avec ceux de l’espace, sachant que le Maroc n’est pas encore membre ? En d’autres termes, ce sont les principaux concernés qui sont exclus du processus. Ce qui révolte Dialo Kane et Guidado Sow. ‘’A la limite, on a tenté de nous humilier’’, s’indigne le colonel Sow, consultant par agent de la douane à la retraite.
L’autre aspect du problème est relatif à la précipitation dont ont fait montre les présidents des pays membres de la Cedeao. En effet, le Maroc n’a attendu que 3 mois et demi, après sa demande d’adhésion, pour disposer d’un accord de principe. Ce qui pose problème, dans la mesure où une question aussi stratégique mérite, selon les intervenants, une étude sérieuse, avant qu’une réponse ne soit donnée. Le colonel Sow a, d’ailleurs, affirmé que c’est la première fois qu’il voit les chefs d’Etat statuer sur une question, sans qu’il y ait au préalable une réunion des experts suivie de celle des ministres, avant l’entrée en scène des chefs des exécutifs.

Le Pr. Moustapha Kassé a d’ailleurs déclaré qu’une rencontre comme celle d’hier devait normalement être convoquée par les plus hautes autorités du pays. Seulement, le problème ne se limite pas au Sénégal. Que ce soit le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou d’autres pays, le secteur productif n’a pas été consulté, encore moins d’autres franges de la population.

S’agissant des conséquences de l’intégration, elles sont pour l’essentiel d’ordre juridique, économique et politique. D’abord, toute intégration implique le droit de résidence et le droit d’établissement. Or, le Maroc a une politique migratoire très contraignante. Il s’y ajoute que le royaume, avec d’autres pays arabes, ont érigé des murs invisibles pour barrer la route à des migrants vers une Europe qui s’est totalement enfermée et qui compte sur eux pour bloquer les flux. D’ailleurs, révèle le Pr. Kassé, une personnalité marocaine a interprété l’adhésion comme une opportunité donnée à l’Afrique noire de transporter son indigence sur le royaume. ‘’On va nous transférer la misère africaine. Comment allons-nous faire face à cette déferlante ?’’, s’interroge cette personnalité dont les propos sont rapportés par le doyen.
Une interrogation qui, selon l’économiste, est la preuve que le royaume veut intégrer le marché, tout en se recroquevillant sur lui. Une thèse confortée par la demande du Maroc qui, selon le colonel Sow, veut démarrer le processus par la zone de libre échange. ‘’Si on leur ouvre les portes et que eux ils ferment les leurs, dans quelle coopération sommes-nous ?’’, se demande le Pr. Kassé.
Sur le plan économique, l’intégration est dangereuse dans presque tous les secteurs de production, si l’on se fie au rapport. D’après Mor Talla Kane, membre du patronat et présentateur de la deuxième partie du rapport, l’agriculture, l’artisanat et l’industrie sont autant de secteurs qui risquent d’être dynamités. En fait, le Maroc à une politique de subvention à l’exportation, ce qui est interdit à la Cedeao. Et même en dehors de cette dotation, il a des accords avec l’Eu qui lui permettent d’avoir des matières premières non taxées et dont le produit fini sera exempté de taxe, en cas d’adhésion. Il a 11 zones franches avec 670 entreprises, il a une politique monétaire semi-flexible entre le dollar et l’euro, face à un franc Cfa fixe, par exemple. Le royaume a un réseau bancaire très dense dans la Cedeao et ses entreprises ont réussi, en un temps record, à gagner des parts de marché importantes dans l’espace. Ce qui veut dire qu’elles ont été aidées par les banques. Tout cela lui confère une compétitivité à nul autre égale dans l’espace. Il y a aussi le fait que le tarif extérieur commun n’est pas bien intégré, pour le moment, et la Commission de la Cedeao n’est pas assez outillée, car jusqu’en 2000, l’organisation s’occupait plus de politique et de sécurité que d’économie. À tout cela s’ajoute un leadership éclairé du roi qu’aucun autre dirigeant des autres pays de l’espace ne dispose.

Par conséquent, si jamais les frontières lui sont ouvertes, l’ensemble des secteurs tomberont l’un après l’autre, sachant qu’un pays comme le Sénégal a mis à genoux ses champions dans tous les domaines, à l’exception de quelques-uns comme les Ics qui seraient gravement menacées par ce qui se trame. ‘’S’il y a des entreprises marocaines et au Sénégal, c’est parce qu’il y a les tarifs douanières. Le jour où ce sera la libre échange, ils n’auront aucune raison de venir chez nous, parce qu’ils ont beaucoup plus d’avantages comparatifs. Ils vont donc rester chez eux, multiplier leurs capacités de production et déverser leurs produits dans nos pays’’, avertit Mor Talla Kane.

Ce dernier pense même que le départ de l’industrie pharmaceutique Fayzal en est un signe annonciateur. Dans tous les cas, un intervenant a donné l’exemple d’un privé sénégalais qui était en coopération avec un Marocain. Mais dès que la demande a été introduite, il a commencé à faire de la diversion. Et lorsque l’accord de principe a été donné, il n’a pas fallu plus de 24 heures pour que son partenaire lui fasse comprendre qu’il n’a plus intérêt à poursuivre l’initiative, puisqu’il pourra rester au Maroc, avoir dix fois plus d’emplois et exporter le produit. Un exemple qui pourrait peut-être donner raison à M. Kane, qui pense que le Maroc veut résoudre son problème de chômage, en important chez lui les emplois de l’espace communautaire.
Reste alors le volet politique de cette intégration. Le doyen Kassé, qui a publié un article sur cette adhésion du Maroc, révèle qu’une autorité tunisienne lui a dit de se préparer à un article similaire, car la Tunisie aussi va formuler sa demande. Le même langage lui a été tenu, ajoute-t-il, par un responsable algérien. Or, si le Maroc est accepté, il n’y aura aucune raison que les autres ne soient pas admis. Pendant ce temps, la Mauritanie, qui avait quitté, veut revenir. ‘’Le schéma que l’on va avoir est celui d’une organisation qui est l’Union du Maghreb arabe (Uma) qui va se transporter dans la Cedeao, avec tous les conflits qui ont fait que la Uma n’a jamais fonctionné’’. Autrement dit, après avoir échoué à une intégration entre eux, les pays arabes vont aussi bloquer la Cedeao.
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COMMENTAIRES (9)
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Bagnkatt - 19/11/2017 - 22h 09  
le maroc va envahir nos faibles economies et finira par controler tout les secteurs, macky est entrain de vendre notre pays aux etrangers.Nous ne gagnerons rien avec cette incorporation dans notre sous región sinon nous affaiblir davantage.
Xadi - 19/11/2017 - 22h 44  
Peut on penser à l'Union africaine et déjà refuser à un pays africain d'intégrer un sois ensemble africain? Faudrait peut-être definir (ou redéfinir) les TDR pour l'entrée des pays qui le souhaitent et non se recroqueviller dans un protectionnisme qui frise la peur de la concurrence.
medinois - 20/11/2017 - 08h 03  
CE N'EST ABSOLUMENT UN PROBLEME DE REFUS OU DE NON REFUS, MAIS IL FAUT BIEN ANALYSER LA STRUCTURATION DE NOS ECONOMIES QUI SONT FAIBLES ET MAL GEREES PAR NOS GOUVERNANTS QUI NE FONT PRACTIQUEMENT RIEN POUR L!AMELIORER CONNAISSANT LE MANQUE DE COMPASSION ET DE PITIE DES MAROCAINS EN MATIERE D'AFFAIRE, COMBINE A LA FAIBLESSE CARACTERIELLE ET LE MANQUE CRIARD DE PATRIOTISME DE NOS DIRIGEANTS, LE COCTAIL PARFAIT POUR AFFAIBLIR DAVANTAGE NOS ECONOMIES ET FAIRE DE NOUS DES COLONISES ECONOMIQUES. LE MAROC EST UN PION DE LA FRANCE, ET JE DIRAIS MEME DE L' OCCIDENT, JE SUIS PAS AU COURANT DE CE QUI SE PASSE AILLEUR,MAIS ICI AU SENEGAL, MACKY EST ENTRAIN D'ACCEDER A TOUT LEUR DESIR
Artis - 20/11/2017 - 12h 37  
Effectivement MEDINOIS, le Maroc est perçu dans certaines sphere comme le pion de la France, le Plan B pour saper l'integration monetaire de la CEDEAO.
ALI - 20/11/2017 - 13h 11  
Le PSE,avec l’agriculture multipliée par 10 en 2035 ? En attendant dés 2016 , notre production locale de mandarines,oranges, citrons tomates et oignons aura disparu du fait des centaines de camions frigorifiques venant du Maroc qui traversent chaque jour la frontiere mauritanienne ;ils deversent les milliers de tonnes de produits concurrents aux nôtresen s’appuyant sur les milliers d’ intermediaires Guineens de Sandaga Le PSE ?Mon œil !!! Il sera un simple chiffon qui nous aura coûté des centaines de milliards aprés l'entrée (illégale car hors espace géographique tel que l’exige le Traité de la CEDEAO) du Maroc à la CEDEAO, entrée parrainée par Macky SALL et OUATTARA qui ont dit OUI à leur Roi ;aucune consultation des citoyens, secteur privé , travailleurs .Le marché aux esclaves de nos frères et fils en Lybie se justifie aux yeux des Arabes et et Français par la servilité des dirigeants de nos Etats surtout francophones. Ce Oui de Macky et OUATTARA en est une illustration .Derriere le Maroc se cache la France.N’est il pas temps de se joindre au Comité Initiative pour le Suivi de l’Integration pour de dire à MACKY : »ARRÊTE, tu fais mal à notre patrie »Il ne s’agit pas du Secteur Privé mais de l’ECONOMIE NATIONALE et de la DIGNITE NATIONALE REFUSONS DE RETOURNER EN ESCLAVAGESe procurer coûte que coûte l'excellente étude du Comité d'Initiative pour le Suivi de l'Intégration -CISI-
Xadi - 20/11/2017 - 17h 34  
La solution n'est pas le refus de l'intégration qui est de toute façon inévitable; mais plutôt de s'y préparer: choix de politiques économiques performantes. Certains discours rappellent ceux de Boris Jonhson et son fameux Brexit. C'est vrai que ce sont les politiques qui dirigent les pays; mais à certains moments, les économiques et autres specialistes doivent prendre les choses en mains. Je ne suis pas d'accord avec le Pr Kasse sur cette question mais salue sa demarche intellectuelle.
Laye - 20/11/2017 - 18h 09  
Je ne vois pas pour quelle raison le Maroc devrait être intégré dans la CEDEAO qui regroupe les pays de l'Afrique de l'ouest. Pourquoi ne pas demander la Turquie ou le Quatar à intégrer cette institution dans ce cas.Si jamais on accueille le Maroc, tous nos secteurs de production vont périr. La France va produire beaucoup de ses biens au Maroc qui par la suite va les exporter dans nos pays sans aucuns droit de douane à payer. C'est donc le Maroc et la France qui vont se tirer d'affaires et nous serons les grands perdants.Wasalam
Peul - 26/11/2017 - 00h 35  
En fait le Maroc ne veut pas d'une adh
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